Edifié pour honorer l'abbé de Cîteaux
et son vin, le Château du Clos de Vougeot comporte à la fois une
demeure de plaisance et des bâtiments viti-vinicoles, au coeur du clos.
La Confrérie des Chevaliers du Tastevin
s'y est installée en 1945.
Le
château Propriété de l’abbaye
de Cîteaux jusqu’à la révolution Française, puis
considérés comme "bien national" sous la révolution,
le château et son vignoble sont acquis en 1818 par Jules Ouvrard, fils
d'un spéculateur fameux et fournisseur des armées impériales.
Cette propriété le flatte et l'impressionne; il délaisse
le château pour vivre au château également cistercien de
Gilly tout proche, mais consacre à la vigne des soins vigilants, le Clos
de Vougeot reste ainsi un "monopole" jusqu'en 1861.
A la mort de Jules Ouvrard, ses héritiers (Rochechouart, La Garde, Montalembert)
mettent plusieurs fois en vente le Clos de Vougeot, qui, en 1889 est acheté
par six négociants en vins de la région. L'un d'entre eux, Léonce
Bocquet, acquiert également le château et on lui doit en particulier
une importante restauration de la partie Renaissance.
Le Château appartient ensuite à un député de la Côte
d'Or, Etienne Camuzet, qui le met volontiers à la disposition des fondateurs
de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, et le cède à
cette équipe en 1944. Il est classé monument historique depuis 1949
et ouvert toute l'année au public.
Le
vignoble Le
vignoble du Clos de Vougeot est l'oeuvre de l'abbaye de Cîteaux, fondée
en 1098. Contemporain de saint Bernard, il est initialement
constitué de donations intervenues de 1109 à 1115. Situé
entre les Echézeaux et le Musigny, il s'étend en pente douce de
la Côte à la plaine. Il couvre aujourd'hui 50 hectares 95 ares
et 76 centiares, clos de murs.
Entre les mains de Cîteaux pendant près de sept siècles,
le vignoble du Clos de Vougeot acquiert une renommée considérable
qui fait de lui, aux côtés du Chambertin, l'un des crus les plus
éminents de Bourgogne. De nos jours, le vignoble du clos est partagé
entre quelque 80 propriétaires.
La Confrérie des Chevaliers du Tastevin ne possède pas de vigne
et ne vend pas de vin.
Des
bâtiments d’exploitation du XIIe siècle Dès
le XIIe siècle, les moines de Cîteaux cultivaient la vigne, sélectionnant
les plants et améliorant sans cesse les méthodes de taille et
de culture. Il leur fallut construire les bâtiments d’exploitation qu’exigeait
leur vaste domaine. Cellier et cuverie se complètent parfaitement. Construit
pour loger 2000 pièces de vin, le cellier date du milieu du Xlle siècle,
huit piliers de pierre dont deux sont monolithes supportent le plafond. Quelques
poutres maîtresses ont été remplacées en 1947. De
plain-pied, mais admirablement protégé de l'air et de la lumière,ce
cellier reste un modèle d'architecture, de
même que la cuverie formant cloître (quatre galeries de 30 mètres
sur 10 autour de la petite cour centrale) et équipée de quatre
gigantesques pressoirs à cabestan en bois de chêne. La cuverie
date en partie du XlIe siècle, en partie des siècles suivants.
Au centre de la petite cour a été placé le Porteur de Benaton,
dernière oeuvre du sculpteur bourguignon Henri Bouchard
de l'Institut (1875-1961).
Une
demeure Renaissance Aux
bâtiments d’exploitation est venu s’ajouter un château ; il
a été bâti par Dom Jean Loisier, 48ème abbé
de Cîteaux, en 1551. Ses tours carrées rappellent le moyen-âge,
la porte d'accès l'aube de la Renaissance, dans l'esprit du Louvre de
Henri II.
A l'abandon pendant une grande partie du XIXe siècle, le château
est acquis et restauré par un négociant en vins, Léonce
Bocquet, à partir de 1891; l'architecte Félix Vionnois dirige
les travaux longs et coûteux qui, s'ils portent la marque du goût 1900,
offrent le mérite de sauver ce chef-d'oeuvre en péril laissé
à l’abandon pendant une grande partie du XIXe siècle.
Assez dégradé durant la deuxième guerre mondiale, le château
est patiemment et amoureusement restauré au fil des ans par la Confrérie
des Chevaliers du Tastevin et ses innombrables amis.